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Sujet : Le vivant est ce l'esprit qui emerge de la matière ?

Extrait du corrigé :                 La matière, nécessaire à tout vivant.   L'esprit est insuffisant pour faire d'un être, un vivant. De plus, nous pouvons aller jusqu'à dire que c'est la matière qui détermine l'esprit. Dans le Mythe d'Er, ce sont les âmes qui choisissent qui elles vont être. Mais pour Nietzsche, c'est le corps qui détermine l'esprit, et non l'inverse. Ainsi, l'auteur explique que lorsqu'un agneau naît, il ne se comporte pas comme un oiseau de proie, mais comme un agneau. Nous n'avons jamais vu un agneau tenter de voler ou se mettre en chasse contre d'autres agneaux. Un agneau, lorsqu'il naît, est déterminé par son corps. Son corps est à l'image d'un agneau, alors son esprit est un esprit d'agneau, ainsi se comporte-t-il comme tel. L'on comprend donc, que l'esprit n'est pas ce qui fait d'un être un vivant, mais c'est la matière, qui déterminant l'esprit détermine le vivant non seulement comme vivant, mais comme 'tel' vivant.

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Définitions

  • vivant : L'être vivant est un organisme. Il n'est pas constitué d'une juxtaposition de parties ajoutées les unes aux autres. Ces parties forment un tout car elles sont interdépendantes (le fonctionnement d'une partie est tributaire de celui des autres) et paraissent toutes participer à une fin commune : le maintien de l'être vivant en vie. Parce qu'il est un organisme, l'être vivant est un organisme. Tout être vivant est un individu au sens où il forme une unité distincte, ne ressemblant exactement à aucune autre, qui ne peut être divisée sans être détruite. Leibniz au XVII ième avait énoncé l'existence d'un principe, nommé principe des indiscernables, selon lequel il n'y a pas deux êtres identiques dans la nature. Qu'est-ce qui différencie les organismes vivants des choses naturelles ou objets fabriqués ? Jacques Monod, généticien, prix Nobel de médecine en 1965, retient dans Le hasard et la nécessité trois critères qui doivent être présents simultanément dans un être pour que celui-ci puisse être qualifié de vivant. Le premier est la téléonomie (du grec télos : fin et nomos : loi). L'être vivant est toujours un être qui, pris dans son ensemble ou chacune de ses parties, répond à une fonction, donc apparemment à une fin. Du point de vue de l'ensemble, l'être vivant semble "fait pour" se perpétuer. Se perpétuer lui-même, du moins le temps nécessaire à la reproduction, et perpétuer son espèce. Du point de vue de chacune des parties, ces dernières semblent "faites pour" accomplir telle ou telle fonction. L'oeil est "fait pour" voir, la langue du fourmilier "pour" attraper les fourmis ... comme si une fin à réaliser était à l'origine de chaque organe, comme si la fonction créait l'organe. Le second critère retenu par Monod est la morphogenèse autonome (du grec morphé : forme et genesis développement). L'être vivant est en relation constante avec un milieu extérieur ; néanmoins, le processus de formation et de développement d'un être vivant est indépendant du milieu extérieur. Même si, pour son entretien et sa croissance, un organisme vivant a besoin d'assimiler des substances étrangères (nourriture, oxygène, gaz carbonique, etc.), même si, sans ce type de relations la vie ne pourrait ni exister, ni se développer, toujours est-il que sa forme et sa croissance sont régies par une programmation interne qui n'est pas le résultat des forces extérieures qui s'exercent sur l'être vivant. Par exemple, un poisson rouge ne peut survivre sans eau et daphnies, mais aucune force physique ne peut transformer ce dernier en éléphant. Les manifestations principales de cette morphogenèse autonome sont l'auto-formation, l'autorégulation et l'auto-réparation. Cette dernière, bien qu'elle ne concerne pas tous les organes, s'étend cependant à un nombre infini d'agressions et de blessures. C'est ainsi que l'écorce du pin entaillé se refait, que la pince du crabe repousse et que les blessures se cicatrisent. Le troisième critère est l'invariance reproductive. Les êtres vivants se reproduisent. En outre, cette reproduction est marquée par l'invariance, soit complète en cas de reproduction par sissiparité (division des cellules), soit partielle en cas de reproduction sexuée. Il existe alors des différences individuelles (à l'exception des jumeaux univitellins) mais les caractéristiques de l'espèces sont conservées. Il ne faut pas confondre la variabilité des individus et l'invariance propre à l'espèce. Ces trois critères, présents en un même être, nous permettent-ils de distinguer assurément le vivant de l'inerte ? Après tout les machines sont également des objets téléonomiques, les machines peuvent s'autoréguler et les ordinateurs, en raison de la programmation, ont une certaine autonomie. Il est moins aisé qu'il ne le paraît au premier abord de dégager des critères permettant de différencier un être vivant d'une machine complexe toutefois, la machine ne se reproduit pas, ne croit pas et connaît une autonomie très limitée.
  • esprit : La notion d'esprit revêt plusieurs sens. Elle désigne d'une part l'intellect, la raison, la pensée. Elle désigne d'autre part l'âme, l'être immatériel qui constitue notre intériorité, notre personnalité. Les philosophes classiques ne faisaient pas de différence entre les deux: l'âme, qui relève du sentiment que nous avons de nous-mêmes, est aussi le siège de la pensée. C'est peut-être une indication qu'affectivité et raison sont plus étroitement unies qu'on ne le croit, dans l'esprit, précisément.

Problématique

Qu’est-ce qui confère à un être son statu d’être vivant ? Le vivant est un être doué de vie, il s’oppose en cela à l’objet inerte. Mais alors qu’est-ce qui confère la vie au vivant ? Les médiévaux et les classiques, pensaient que le corps reçoit l’âme comme un souffle de vie. L’âme étant éternelle, tandis que le corps est mortel. Ainsi l’âme vient rendre vivant le corps (voir le mythe d’Er) et lorsque le corps meurt, elle ne meurt pas avec lui mais sort du corps. Mais alors, est-ce qu’un être est dit être vivant, parce qu’un esprit se ‘réveil’ dans une matière ? A la manière d’une marionnette qui douée d’une âme se mettrait à bouger, à parler, à réfléchir. La matière n’aurait donc qu’un second rôle, elle serait uniquement un réceptacle. Mais alors, si c’est l’esprit qui confère à l’être son statu de vivant, cela veut dire qu’il est le vivant. Mais tout vivant a-t-il un esprit ?



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