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Sujet : Peut-il y avoir une justice en dehors du droit ?

Extrait du corrigé : Mais si sa victime ne lui pardonne pas le crime qu'il a commis [...] nous décidons que celui qui aura tué son père ou sa mère dans un mouvement de colère sera puni de mort. » PLATON, Lois, IX. Transition : Le conflit entre la justice morale et la justice positive nous oblige à nous poser la question suivante : pouvons-nous exclure la justice morale au profit de la justice positive pour sauver la justice de la relativité ?  Deuxième partie : Il n'y a de juste et d'injuste qu'au sein du droit.   2.1 La justice n'a de sens qu'à l'intérieur de l'état social.   « Les notions du bon et du mauvais, du juste et de l'injuste n'ont pas leur place ici [dans l'état de nature] Là où n'existe aucune puissance commune, il n'y a pas de loi ; là où il n'y a pas de loi, rien n'est injuste [...] Justice et injustice ne sont aucunement des facultés du corps ou de l'esprit. Si elles l'étaient, ce serait celles d'un humain seul au monde, comme le sont ses sensations et ses passions.

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Définitions

  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • justice : a) Juste reconnaissance du mérite et des droits de chacun. b) Caractère de ce qui est conforme au droit positif (légal) ou au droit naturel (légitime).
  • droit : a° Un droit: liberté d'accomplir une action (droit de vote); possibilité d'y prétendre ou de l'exiger (droit au travail, droit de grève). b° Le droit: ce qui est légitime ou légal, ce qui devrait être, opposé au fait, ce qui est. c° Ce qui est permis par des règles non écrites (droit naturel) ou par des règles dûment codifiées (droit positif). Le droit positif est l'ensemble des règles qui régissent les rapports entre les hommes dans une société donnée. Le droit naturel est l'ensemble des prérogatives que tout homme est en droit de revendiquer, du fait même de son appartenance à l'espèce humaine (droit au respect).

Problématique

La justice est parente de l’égalité et de l’impartialité. Elle est une norme qui nous permet de juger les actions des individus. Elle nous permet donc de les évaluer, c’est-à-dire de décider si elles sont bonnes ou mauvaises, et de décider quel châtiment correspondra à telle injustice, par exemple au crime correspondra une peine d’emprisonnement. Pour être effective elle ne doit favoriser personne, autrement dit elle doit juger également tous les individus. Mais elle peut avoir deux sens différents. Elle peut résider dans des règles morales que l’individu se donne à lui-même ou dans les lois propres à une communauté. Dans ce cas elle se rapproche du droit qui est l’ensemble des lois régissant un pays. Le droit permet de savoir ce qu’il est permis ou défendu de faire au sein de cette communauté de la même manière que la justice permettait d’évaluer si une action individuelle était bonne ou mauvaise. Nous pouvons alors considérer que le droit est l’expression de la justice en tant qu’il est norme de l’action de l’individu appartenant à une communauté. Plusieurs objections peuvent être faites à cette correspondance entre la justice et le droit. Les lois juridiques sont relatives à un pays et en ce sens des lois justes dans un pays pourront être considérées injustes dans un autre pays. Cette relativité juridique ne nécessite-t-elle pas la constitution d’une justice qui transcenderait le droit propre à chaque pays ? D’autre part à l’intérieur même d’un pays les lois ne font pas nécessairement l’unanimité, il se peut qu’une loi soit considérée injuste, dans ce cas la loi s’oppose par exemple à la morale de l’individu. Par exemple si mon ami, que j’abrite, est recherché par la police, selon la loi je ne dois pas le cacher, mais ma conscience m’interdit de le dénoncer. Ce conflit souligne l’existence de deux justices. Mais, comme la correspondance entre le droit et la justice soulevait des objections, la coexistence des deux justices n’est pas sans faire de difficultés. Qu’est-ce qui sera dit juste, ce qui est en accord avec la morale ou ce qui respecte la loi ? Le problème de la relativité se pose à nouveau. Du point de vue de la légalité une action pourra être jugée juste alors que du point de vue de la morale elle sera jugée injuste. Ne faut-il pas dans ce cas sacrifier l’une des deux justices afin que la justice ne soit pas dissoute dans la relativité ? La solution qui consiste à occulter la justice morale et à ne garder que la justice positive peut être envisagée. Mais alors il faut considérer comme possible l’abandon du pouvoir critique de l’individu, autrement dit le fait de taire sa conscience, et accepter la relativité de la justice positive qui diffère selon les pays. Face à ces difficultés nous pouvons nous demander si la possibilité de la justice morale fait véritablement obstacle à la justice positive et si une relation imparfaite certes, puisqu’un conflit entre les deux justices sera toujours possible, mais néanmoins viable est envisageable.



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