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Extrait du corrigé : Par exemple, il y a fort à parier que, comme « citoyen », j'ai voulu et continue de vouloir une loi interdisant le vol ou protégeant la propriété. Il se peut que dans le même temps je désire m'approprier le bien de mon voisin. Si je vole, je ferai prévaloir mon intérêt égoïste sur l' « intérêt général » qui est aussi le mien, donc je voudrais à la fois que la loi me protège, et à la fois la violer quand cela m'arrange. Le raisonnement du contrevenant fait « [qu'] il jouirait des droits du citoyen sans vouloir remplir les devoirs du sujet. »Il est clair que l'attitude du contrevenant est contradictoire et injuste, et que le corps social a donc le droit d'exercer sur lui une contrainte. Il est légitime de faire respecter les lois, qui, sinon n'auraient plus lieu d'être.Mais Rousseau va plus loin ; en me forçant à obéir aux lois, on ne me contraint à rien d'autre qu'à obéir à ma propre volonté (cad à la volonté générale), on me rappelle à mon statut de citoyen. Or être citoyen, protégé par des lois dont on est l'auteur, est la seule façon d'échapper aux rapports de forces entre individus qui ont des volontés antagonistes, d'être soumis à la volonté du plus fort, de sombrer dans des liens de dépendance personnelle :« Ce qui signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'être libre ; car telle est la condition qui, donnant chaque citoyen à la patrie, le garantit de toute dépendance personnelle. »En analysant la contradiction qui peut exister entre la volonté que l'on peut avoir comme individu privé et égoïste, et la volonté universelle que l'on a comme citoyen, Rousseau ouvre la voie aux magnifiques analyses morales de Kant, qui retranscrira sur le plan éthique ce que Rousseau met à jour au plan politique.Le rôle de l'Etat est de « transformer chaque individu, qui par lui-même est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reçoive en quelque sorte sa vie et son être.
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L’opposition qui semble se manifester ici concerne d’une part la liberté individuelle et d’autre part la vie en société. Si nous devons questionner leur compatibilité, c’est qu’a priori les deux termes semblent se distinguer l’un de l’autre, et cela au point de s’opposer radicalement. A première vue, en effet, « pouvoir faire tout ce que l’on veut » semble définir correctement la liberté de l’individu, qui pourrait accomplir par lui-même tout ce qu’il désire. A cela viendraient alors s’opposer les contraintes de la vie en société et notamment la présence des lois, qui, dans toute société, marquent les limites acceptables des actions individuelles. Seulement, cette opposition va-t-elle de soi ? Imaginons ce que serait un homme exclu de toute société, qui vivrait entièrement retiré de tout rapport à la société : ne ressemblerait-il pas, comme dit Aristote, à « une bête ou un dieu » ? En tous cas, il perdrait presque sa dimension purement humaine, au point que sa liberté pourrait bien être remise en question. Nous devons alors nous demander s’il est véritablement possible d’être libre hors de toute société. C’est peut-être cette société qui en nous demandant d’obéir à des lois, nous apprend à être libre.
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