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Sujet : Dans quels domaines est-il légitimes de prendre la nature comme modèle ?

Extrait du corrigé : Mais il faut éviter de proposer un plan " à tiroirs ", où l'on passerait en revue la physique, les mathématiques, l'éthique ou la morale, l'esthétique, la politique... voire des types particuliers d'esthétique, de politique, etc. Aucune réflexion générale ne pourrait surgir en suivant une telle démarche. On se gardera donc de considérer ces domaines comme préalablement donnés et de construire le plan sur une division qui aurait toutes les chances de ne pas être justifiée à l'intérieur du devoir.* Ce sujet doit, plus encore que les autres, être soumis à une analyse précise : Le terme " nature " est ambigu, bien qu'il soit souvent utilisé. Il désigne certes, de manière très générale, ce qui est étranger à l'homme ou ce qui s'impose à lui par opposition à ce dont l'homme est responsable. Mais cette idée peut être interprétée de manière diverse, et cette diversité est un obstacle à la construction d'un problème.* Il en va presque de même pour l'idée de " prendre comme modèle ". Cette formule peut avoir des sens assez différents : elle désigne par exemple un effort de conduite (prendre tel autre pour modèle), ou bien une tentative de reproduction technique (prendre cet objet pour modèle).* Enfin, l'idée de " légitimité " invite à décider des " bonnes raisons " que l'on aurait de prendre la nature pour modèle : le terme a donc lui aussi un sens ambigu, il couvre à la fois l'explication (la cause) et la justification (le droit) d'une conduite.

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Définitions

  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
  • modèle : Le terme recouvre des réalités et des utilisations différentes selon les disciplines dans lesquelles il intervient. Au sens courant, il est ce qu'on imite (modèle de comportement, de vêtement, etc.) ; au sens scientifique, il est plutôt ce qui imite, ou évoque. Il désigne alors la représentation simplifiée, qui recourt fréquemment au symbolisme mathématique, des relations et des fonctions intervenant entre les éléments d'un ensemble ou d'un système. De ce point de vue, on peut affirmer que l'élaboration de modèles est devenue une pratique présente dans toutes les disciplines scientifiques. Au XXe siècle, la modélisation se déploie particulièrement dans les recherches relevant du structuralisme. Parce qu'il schématise, le modèle autorise une compréhension plus précise ou efficace. Mais, dans la mesure où il laisse de côté les qualités propres des éléments constituant l'ensemble auquel il correspond, il ne peut être confondu avec la réalité.

Problématique

Suivre la nature et non les errements de la société a toujours semblé un précepte de sagesse, mais qu’en est-il réellement ? Est-ce encore la nature que l’on suit ou simplement des préceptes culturels par essence relatifs et changeants ? Aussi, la nature peut paraître un modèle dans différents domaines comme la morale, la sagesse, la politique et l’art. Mais est-ce souhaitable, nécessaire de s’aligner sur « les préceptes de la nature ». Ne risque-t-on pas de ruiner tout l’édifice de la culture, en niant toute frontière entre nature et culture, en niant toute avancée de civilisation, n’est-ce pas régresser, nier les forces de l’esprit et de l’intelligence humaine pour plonger dans l’irrationalisme, la bestialité, le froid silence de la nature. Il faut donc peser le pour et le contre dans ces tentatives de prendre la nature comme modèle.



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