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Extrait du corrigé : Pour Descartes, connaître c'est voir (évidence vient du latin videre, voir) ; l'esprit, en présence de l'objet, est passif en dernière analyse, et comme illuminé par lui. La vision ou intuition intellectuelle, toutefois, n'a ce caractère d'évidence qu'à la condition que l'esprit soit attentif à l'objet, qu'il soit vraiment en présence immédiate de lui. Là se trouve la difficulté ; si elle est surmontée, l'esprit ne peut pas ne pas reconnaître ce qui est vrai. * Noter que la règle est négative : « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que...». Il s'agit précisément de rejeter les évidences superficielles. D'où le doute, à travers lequel Descartes découvre l'évidence philosophique. On peut douter, si on le juge nécessaire (doute philosophique, non doute ordinaire) : - des évidences sensibles (informations qui viennent des sens, du corps, et que, d'ordinaire, nous tenons raisonnablement pour vraies immédiatement). Leur caractère évident ne résiste cependant pas à un doute qui cherche une évidence absolue : rien ne m'assure que je ne rêve pas... - des évidences rationnelles elles-mêmes, telles que les vérités mathématiques, si on imagine, comme on le peut, un «malin génie, non moins rusé et trompeur que puissant » qui emploie « toute son industrie à [nous] tromper » (Méditations, I).
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